Aujourd'hui, il est beaucoup plus difficile en Italie comme en France d'ailleurs, d'identifier les personnalités philanthropes, lesquelles sont désormais cachées par les entreprises.
La particularité de l'Italie , à la différence de la France , est que son activité de mécénat est beaucoup plus antique. En effet, bien avant la véritable création d'un Ministère de la Culture en 1974, chargé de veiller à la conservation du patrimoine, du paysage et du tourisme, l'Italie de la Rome Antique avait su développer un important mécénat autour des empereurs.
Cependant, c'est durant l'époque de la Renaissance que la culture devient le centre de toute l'activité économique. La renommée de l'Italie devenait mondiale à travers ses richesses patrimoniales et culturelles, et de ce fait financer les artistes œuvrant à l'épanouissent culturel était synonyme de "bonne action" pour le pays.
Les mécènes étaient donc présents dans tout le royaume d'Italie, développant une culture propre liée au mécénat. Du Sud jusqu'au Nord, en passant par le Centre, tous les royaumes avaient une activité culturelle laquelle était gérée par des mécènes. Par exemple, l'Italie du Nord régie par la Seigneurie de la famille Este, offrit le privilège à Ferrare de devenir le berceau de toute l'expérience urbanistique du XVème siècle.
La culture et la gouvernance même de l'Italie du XVème siècle, étaient donc gérées par une famille, ou bien par un groupe d'oligarques qui régnaient dans les différents états, plus ou moins autonomes.
Florence avec les Médicis, Milan avec les Visconti puis les Sforza, Mantoue avec les Gonzaga etc...
A Rome en revanche, l’art s’est associé à la religion et cela d’autant plus que le Pape fut longtemps un souverain temporel d’une grande puissance. Prolongeant l’action des empereurs romains, les papes surent faire travailler les meilleurs artistes de leur temps et se montrèrent d'une grande générosité.
En d'autres termes, les familles princières souveraines, la grande noblesse pontificale rivalisaient de commandes auprès des artistes autant pour des bâtiments civils que pour des œuvres artistiques religieuses et profanes.
Aujourd'hui, la fonction philanthropique n'est plus exercée par une même et unique personne ou groupe sociale. L'entrepreneur est celui qui décide d'investir dans la culture et dans toutes autres formes de causes sociales opérées pour le bien du patrimoine. Ainsi faisant, l'entreprise devient l'authentique actrice de l'art du mécénat , et obtient une forme de monopole culturel en quelques sortes.
En Italie les fondations et le secteur du luxe apparaissent comme les principaux mécènes, faute d'un État trop encré dans une crise économique.

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